Sarah Lécossais - L'impossible évolution des normes de genre dans les séries télévisées françaises (1992-2010)
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Valence ont déjà des équipiers fidèles et dévoués, le chirurgien Maxime Fresnay
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est déjà le grand
patron de son service, le juge d'application des peines
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a déjà un bureau et une jeune et jolie
stagiaire. Par « professionnellement installés », nous entendons qu'ils sont intégrés dans une
structure professionnelle, qu'ils dirigent le plus souvent, et qu'ils sont des chefs reconnus et
légitimes. C'est le cas de presque tous les policiers. Les membres de leur équipe leur vouent une
admiration sans limite, ne remettent jamais en question leurs ordres, et sont souvent prêts à risquer
leur vie pour le « patron ».
Sur le plan professionnel, les héroïnes sont placées dans des situations différentes, et ce en
raison de leur sexe
10
. Certaines ne sont ainsi en poste que depuis quelques semaines, comme Juliette
Lesage
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ou Victoire Bonnot
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. Mais même lorsqu'elles sont installées, elles n'apparaissent pas
comme des chefs légitimes, ce qui est surtout le cas dans les séries policières (une héroïne avocate,
agricultrice ou kinésithérapeute ne donne ni ne reçoit d'ordres et n'est donc pas en position
d'autorité). L'exemple le plus flagrant est celui de Sandra Villiers, commandant depuis quelques
mois, qui n'a aucun pouvoir sur ses subordonnés mais qui décide d'assumer pleinement ses
fonctions. Elle est alors mise à l'épreuve durant tout l'épisode et finira par s'imposer dans la douceur
après avoir prouvé ses capacités et son professionnalisme. Une autre configuration fréquente est
celle dans laquelle l'héroïne prend de nouvelles fonctions. Ces héroïnes pénètrent dans l'inconnu et
doivent s'adapter à leur nouvel environnement : Claire Bellac
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abandonne les urgences pour ouvrir
un cabinet de médecine générale, Florence Larrieu
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débute sa carrière de juge, Laurence Louve
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est promue commissaire. Ces femmes ont des postes à responsabilité dans des milieux dominés, tant
numériquement que hiérarchiquement, par des hommes.
S'engage alors une lutte plus ou moins féroce pour l'assise de leur autorité : les femmes-flic,
comme celles qui sont juges, proviseurs ou politiciennes, doivent faire leurs preuves avant d'être
reconnues comme chefs – ce qui finit tout de même toujours par arriver. L'autorité ne peut donc leur
être confiée d'emblée pour leur seul charisme ou héroïsme. Elle doit être méritée, gagnée. Les
héroïnes récurrentes doivent réussir un certain nombre d'épreuves, de tests, dont les héros sont
dispensés. Ces derniers, en effet, n'ont ni à faire leurs preuves, ni à imposer leur autorité : la
masculinité semble suffire pour garantir la légitimité de leur position. Ainsi, tandis que l'autorité
féminine doit être gagnée et conquise, l'autorité masculine est présentée comme allant de soi.
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Le grand patron
, TF1, 2000
9
Le J.A.P., juge d'application des peines
, TF1, 1995
10 Comme en témoignent les statistiques suivantes : pour trente-trois héros installés, seules seize héroïnes le sont, et
tandis que treize femmes prennent de nouvelles fonctions, seuls trois hommes le font.
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Juliette Lesage, médecine pour tous
, F2, 2002
12
Victoire Bonnot
, M6, 2010
13
Docteur Claire Bellac
, TF1, 2001
14
Le juge est une femme
, TF1, 1993
15
La Louve
, F3, 2007