Barbara Laborde : Politiques culturelles et enseignement du cinéma en lycée : paradigmes et enjeux
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médias demeure bien souvent un parcours du combattant », (Éducation aux média
s
, 2007,
p. 25) et ce malgré des « assises légales et institutionnelles incontestables » dont le rapport
fait la liste. Le rapport se conclut ainsi :
« C’est sans doute en “ Cinéma et audiovisuel ” que la place de l’éducation aux médias est la plus
explicite. » (Éducation aux médias, 2007, p. 33)
Le rapport de J.-R. Marchand résume bien lui aussi cette situation paradoxale : pour lutter
contre la prolifération des images dans les médias, on passera par l’enseignement artistique
dont fait partie l’enseignement « cinéma et audiovisuel » beaucoup plus que par une véritable
éducation aux médias :
« La poursuite d’objectifs relevant de l’approche artistique des images permet d’atteindre également
des objectifs relevant de l’éducation aux médias et concourt de ce fait à l’éducation à la citoyenneté. »
(J.-R. Marchand, 2001, p. 11)
On peut donc se demander pourquoi ces trois rapports font le constat à la fois de l’utilité d’un
enseignement aux médias et le constat de son inexistence au profit du cinéma considéré
comme un art, et ce surtout en lycée. Il apparaît que la réflexion sur le support (le média)
même si elle est présente dans les textes officiels, cède le pas à l’enseignement artistique.
C’est au cinéma, envisagé comme un art, que sera confiée la principale mission de
citoyenneté concernant ce que ces rapports appellent « l’éducation à l’image ».
L’enseignement ne porte donc pas directement sur ce qu’il combat, ce qui peut être considéré
comme un paradoxe : si l’on croit en l’efficacité d’une éducation aux images, ce serait
précisément l’éducation aux médias et au « flux médiatique » qui devrait être dominante, or il
n’en est rien. Pourtant, A. Auclaire assume par ailleurs l’idée que l’enseignement du cinéma a
partie liée avec « l’attraction du marché » et conclut en ces termes : « par ailleurs le cinéma
est un divertissement… ». C’est bien là tout le paradoxe des paradigmes dans lesquels se
débattent les textes par rapport à l’enseignement du cinéma : les médias et les industries
culturelles sont dangereux, mais pour y « éduquer » les élèves, on les évite soigneusement au
profit de l’enseignement d’un art : le cinéma, dont il faut pourtant bien admettre qu’il en fait
aussi un peu partie…
Définitions problématiques de « médias »
Les définitions des médias et du cinéma données dans les différents rapports permettent de
mieux comprendre d’où vient ce paradoxe. Les médias sont définis comme des « véhicules
massifs d’informations déterminant des formes d’expression et induisant des modes de