Barbara Laborde : Politiques culturelles et enseignement du cinéma en lycée : paradigmes et enjeux
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le rapport d’un groupe d’experts rédigé en 2007 intitulé : « L’éducation aux médias, enjeux,
états des lieux et perspectives », destiné conjointement au ministre de l’Éducation nationale et
au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et sur le « rapport Auclaire »
publié en 2008. Alain Auclaire n’est pas inspecteur général mais la situation d’« audit » dans
laquelle le place Christine Albanel, ministre de la Culture, lui donne finalement la même
fonction. Ces textes permettent d’envisager le regard que porte l’Institution sur
l’enseignement du cinéma à travers deux ambitions différentes et qu’il convient de délimiter,
car elles définissent en creux le contenu d’un enseignement du cinéma au lycée : l’éducation à
l’image et l’éducation aux médias. Mais il apparaît vite que ces différentes ambitions se
résument finalement à une opposition paradigmatique entre « éducation aux médias » et
« enseignement du cinéma » qui aboutit, dans les rapports étudiés, à une résolution sans
appel : privilégier l’enseignement du cinéma. On se demandera pourquoi.
Le cinéma contre l’audiovisuel
On constate d’emblée que les termes « média
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», « image », « cinéma », « audiovisuel » sont
relativement – et parfois étonnement – amalgamés. En janvier 1999, C. Juppé-Leblond tente
de (re)définir les enjeux d’une « éducation à l’image ». Elle affirme :
« Aujourd’hui, parce que c’est court et parce que c’est mode, le journaliste et le politique nomment
“image” tout ce qui relève des audio/visuels et multi/média… » (C. Juppé-Leblond, 1999, p. 31)
Je m’arrêterai particulièrement sur la partie de ce texte qui se rapporte à l’enseignement de
l’image en lycée :
« Si nous revenons maintenant un instant sur les termes, ils sont clairs: images et sons ont quitté la
place, seuls cinéma et audiovisuel demeurent, à quoi il faut ajouter, si l’on veut être honnête, que, si le
cinéma est traité et bien traité, l’audiovisuel ne l’est pas ou pour ainsi dire pas: c’est une tradition, une
passion, une profession de foi ».
(C. Juppé-Leblond, 1999, p. 31)
Même si C. Juppé-Leblond semble ici le déplorer, c’est l’enseignement du cinéma qui est
plébiscité, comme unique vecteur de l’« éducation à l’image » en lycée, « très peu
“contaminé ” par quelque forme d’audiovisuel que ce soit » aux dires de l’inspectrice générale
elle-même.
programmes des enseignements artistiques CAV en 2000. Cf. le document disponible en ligne :
, p. 18.
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On trouve indifféremment « média » et « médias » dans les textes. J’ai opté pour l’orthographe francisée
« médias » au pluriel sauf dans les citations où je respecte le choix orthographique de l’auteur.