Marie-Laure Rossi : Marguerite Duras devant la télévision
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Au contraire, prendre la parole dans les journaux pourrait être, pour l’écrivain, une occasion de
renouveler la parole médiatique formatée, en construisant un dialogue qui restitue la place de la
personne dans son authenticité.
Les écrits journalistiques de Marguerite Duras nous aident donc à percevoir
l'importance de la télévision des années 1980 comme cadre et comme moyen du débat public
moderne. Celle-ci constitue une référence quant à la représentation de l'actualité et des
événements qui la tissent. Notre auteure a très certainement été fascinée par ce moyen de
communication. Elle porte dessus un regard critique, appuyé sur sa pratique du cinéma et de la
littérature, qui lui permet d'inventer, avec son époque, une nouvelle manière, plus personnelle,
d'exister dans l'espace politique. Par delà le narcissisme, qui représente la limite de cette
attitude, on peut percevoir aussi une façon de renouveler l'engagement littéraire tel qu'il avait
été formalisé par la pratique sartrienne. Par sa structure audiovisuelle, la télévision représentait
un danger de marginalisation pour les écrivains tentés par l'aventure intellectuelle. Cependant,
c'est par la critique de ce média qu'ils ont eu la possibilité de construire un regard alternatif sur
le monde, témoignant de la complexité du réel par opposition à l'apparente transparence du
discours dominant.
Bibliographie
Duras, Marguerite,
L’Été 80
, Éditions de Minuit, 1980.
Duras, Marguerite,
Outside
, Gallimard, 1981.
Duras, Marguerite,
La Vie matérielle
, Gallimard, 1987.
Duras, Marguerite,
Le Monde extérieur
, P.O.L, 1993.