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Alina Popescu : Mircea Daneliuc et la censure. Le parcours d’un cinéaste roumain à travers les dossiers de la
Securitate
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volontairement « les aspects sordides, des maisons anciennes, délabrées », étant persuadé que
ça c’est la « vraie vie ». Pour que l’intention subversive du réalisateur soit claire,
l’informatrice suggère un parallèle avec un film polonais où un personnage, habitant une
maison sordide, regarde une émission qui célèbre les 500 ans d’une ville dotée maintenant
d'immeubles neufs. De surcroît, l’affiche du film devrait représenter une caméra de télévision,
du pariser
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et du pain sur une table, symboles de la pauvreté du héros du film, reporter à la
télévision.
La métaphore, l’allégorie, les possibles allusions à la situation politique présente, ne
sont pas indifférentes aux censeurs et aux cinéastes. Les dossiers de la Securitate attestent
l’étendue de cette activité d’interprétation du sens caché d’une réplique ou d’une image.
La
chasse aux renards
montre le drame de quelques paysans qui ne comprennent pas la nécessité
de la collectivisation. Dans le film apparaissent des activistes qui essaient de les persuader
d’accepter les changements. Le personnage négatif est d’ailleurs un ancien officier de la
Securitate, « les organes de l’état n’étant pas décrits avec empathie ». Le film se caractérise
par une ambiance de « désolation » et constitue un « blâme de l’époque ». « Après la mort
d’un paysan, l’autre signe pour la collectivisation sous l’œil des activistes venus de la ville.
Après avoir signé, le héros quitte le cadre sur fond d’une musique sombre, dans le « noir », ce
qui peut être interprété comme l’entrée des paysans dans une sombre période due à la
collectivisation. Ce film qui devait dénoncer des abus ne montre pas le socialisme triomphant
et la confiance des paysans dans le parti »
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.
L’avant-dernier film du réalisateur réalisé à l’époque communiste,
Glissando,
entre en
production en 1982 mais ne sort dans les salles qu’en 1984. Si le film, sur un thème
apparemment historique et abordant un registre allégorique, se distingue dans le paysage
cinématographique de l’époque, c’est parce qu’il est en contraste avec les autres productions
se conformant à la vision officielle de l’histoire. Pendant les trois heures du film, le
personnage principal « glisse » constamment entre la réalité et le rêve. C’est l’histoire d’un
homme qui dépense son argent dans les casinos, qui est obsédé par son ancien amour, qui est
enfermé dans un hôpital psychiatrique et finit par se suicider. Ayant comme prétexte le passé
fasciste et le mal social qu’il cause (plan de production oblige !), le film ne donne pas d’indice
sur le lieu ou le temps où se déroule l’action, à part une croix gammée qui traverse
fugitivement l’écran au tout début du film. Or cette indétermination est source de confusions
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Charcuterie roumaine, symbole de la pauvreté des repas à l’époque communiste.
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ACNSAS,
ibid.,
pp.109-110