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Alina Popescu : Mircea Daneliuc et la censure. Le parcours d’un cinéaste roumain à travers les dossiers de la
Securitate
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visibles les motivations de la censure alors qu’elle était officiellement inexistante et que ses
traces sont difficiles à trouver dans les archives des autres institutions. Cette étude de cas
permet d’identifier des tabous de la création artistique, de comprendre l’impact de la censure
sur la carrière d’un réalisateur mais révèle aussi la présence d’un acteur non négligeable du
système, la Securitate, qui œuvre pour limiter les aires d’autonomie des cinéastes. Afin de
mieux appréhender le parcours du réalisateur, il est nécessaire de donner un bref aperçu du
contexte institutionnel et artistique de l’époque ainsi que des objectifs de la Securitate
concernant le cinéma.
A l’époque de Nicolae Ceausescu, l’organisation de la cinématographie subit plusieurs
transformations et la suppression de la censure en 1977 se veut une avancée démocratique du
régime. Pourtant, cet événement ne marque pas sa disparition de la censure mais plutôt la
délégation de sa responsabilité vers d’autres institutions et échelons hiérarchiques. Le Conseil
de la Culture et de l’Education Socialiste (CCES), sous la tutelle du Comité Central du PCR,
devient la haute autorité directement chargée du contrôle de la production, de la diffusion des
films mais aussi de leur censure. Sans entrer dans le détail des mécanismes institutionnels,
précisons seulement que les dossiers de la Securitate abondent en remarques concernant
l’incompétence de la Commission Cinématographique
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auprès du CCES, commission dont
beaucoup jugeaient qu’elle interdisait les films selon des règles arbitraires.
La Securitate surveille le domaine artistique en ouvrant des dossiers individuels mais
aussi des dossiers de synthèse, comme celui dédié au problème « Art-Culture ». Un plan de
recherche des informations sur ce sujet, établi en 1987, éclaire en partie les objets de
surveillance de la Securitate dans ce domaine, parmi lesquels : le suivi des personnes qui se
situent dans une position contestataire vis-à-vis du parti et de l’Etat, de celles qui sont
mécontentes en prétextant qu’elles ne peuvent pas se réaliser dans le pays sur les plans
professionnel et social, de celles qui bénéficient de bourses, d’invitations de la part des
étrangers ou de celles qui sont appréciées systématiquement dans les émissions de la Radio
Europe Libre, etc. Sont aussi surveillées les manifestations hostiles envers l’état roumain, les
commentaires tendancieux par rapport à la politique du parti, les personnes qui refusent
systématiquement d’aborder dans la création des thèmes concernant les luttes passées du parti
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Cette Commission, chargée d’approuver les scénarios et la diffusions dans les salles, avait dans sa composition
des membres qui ne relevaient pas uniquement du milieu cinématographique et qui n’étaient apparemment pas
qualifiés pour juger de la qualité artistique d’un film