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Aurore Fossard : La blonde plantureuse sous l’objectif du paparazzi : évolution d’un sujet du grand et
du petit écran
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l’homme qu’elle est en train de berner ? Parce que l’ébat sexuel est un coup-monté, la
jouissance
doit
être exagérée et surexposée pour la photo en train de se faire. Autrement dit,
chaque déclic, chaque gémissement est une victoire de plus de la femme sur l’homme. Si son
visage regarde de tous côtés dans l’action, le corps de la femme fait fièrement face au
paparazzi et au spectateur. Moins que l’appropriation du phallus symbolique que traduisent la
coupe garçonne et la poitrine cette fois-ci inexistante de la « Final Girl »
32
dans tant de films
d’horreur, le fait que Stormy se dote d’un godemiché est le signe d’une véritable prise de
contrôle de la femme. Ce « dispositif » lui permet de mettre le visage de la « victime »
photographique en offrande au paparazzi embusqué, offrande qui permet la reconnaissance du
sujet. Vue sous cet angle, la scène acte clairement la domination de la femme par l’usage de
son corps. Entre regardant et regardé, le corps est un produit de consommation dont l’individu
use à des fins commerciales ; quant au regard du paparazzi, il est le garant de la visibilité de
ce corps, celui par lequel il existe et exerce son pouvoir.
Le fait que le paparazzi soit un homme qui fabrique des images et que ces images soient une
femme oriente
de facto
une analyse genrée. Toutefois, si les partis pris visuels de la fiction
mis en place à partir du dispositif photographique permettent en effet une visibilité exacerbée
du corps de la femme, il semblerait que la séquence interroge l’aspect utilitaire du corps au
cœur d’un système de commercialisation. Chris Rojek indique que « dans une société de
marché, le corps n’est plus simplement le lieu du désir, il est la vitrine qui exprime la
distinction et la séduction. Il devient alors un objet de consommation, plus vraiment un bien
personnel mais un objet conçu et emballé pour attiser le désir d’autrui »
33
. Dans la séquence
qui nous occupe, le corps est un objet destiné à assouvir le désir de consommation d’autrui ;
pour le sujet le corps est un outil (sexuel), pour le commanditaire c’est un produit
(commercial). Le corps est à la fois une fin et un moyen, au cœur du dispositif mercantile mis
en place par le récit et au cœur des parti-pris visuels proposés par la production.
Au commencement de cette étude, il semblait qu’une formule de Mulvey pouvait traduire ce
que les regards paparazziens rendent possibles dans la fiction : des « moments de pur
spectacle qui suspendent le cours de l’action en des instants de contemplation érotique »
34
. Au
32
Carol Clover,
Men, Women and Chain Saws : Genders in the Modern Horror Film
, Princeton University
Press, 1993.
33
Chris Rojek.
Cette soif de célébrité !
Paris, Autrement, 2003, p. 102.
34
Ginette Vincendeau reprend cette formule dans son étude sur Brigitte Bardot : « Ces récits sont, cependant,
ponctués de moments de pur spectacle qui, comme l’a montré Laura Mulvey, tendent à ”suspendre le cours de