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Fanny Beuré: Eleanor Powell, Judy Garland: s’affranchir des stéréotypes genrés par la danse et le chant
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Son mariage avec Glenn Ford est souvent cité parmi les plus heureux d’Hollywood et, après
avoir quitté la MGM, elle se consacre à des œuvres de charité et anime une émission télévisée
de catéchisme. Aux antipodes des nombreuses tentatives de suicide et addictions de Garland,
la biographie de Powell ne contient pas ce moment où l’on « se révèle ne pas être si
ordinaire ». C’est pourtant ce dernier, structurant toute biographie homosexuelle, qui
explique, selon Dyer, le statut privilégié de Garland dans la subculture gay.
Par leurs styles inédits de performance (caractérisés par la compétence, l’originalité, la
puissance, l’authenticité) et par leurs personnalités singulières, Eleanor Powell et Judy
Garland façonnent à l’écran de nouveaux modèles de personnages féminins.
Trois dimensions clefs sont à l’œuvre dans ce retournement : d’abord, la maîtrise de
leur image et de leurs dispositions artistiques ; ensuite, l’indépendance, leur talent leur
permettant d’être la source de l’
entertainement
; enfin, le travestissement, rendu possible par
cette mise hors-jeu des normes de genre. Ces filles faussement ordinaires ont ainsi réussi à
s’affranchir des stéréotypes d’une féminité passive, frivole et vulnérable. Tout en restant au
sein du dispositif générique, elles s’écartent, par leur compétence, du protocole de séduction
traditionnel et offrent la perspective d’une possible égalité dans les relations au sein du couple
hétérosexuel.