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Fanny Beuré: Eleanor Powell, Judy Garland: s’affranchir des stéréotypes genrés par la danse et le chant
27
Figure 12 –Powell,
chorus boys
et
chorus girls
,
finale de
Broadway Melody of 1938
Figure 13 – Ensemble de la distribution,
Broadway Melody of 1938
Avant de clore l’analyse, notons qu’en dépit de nombreux points communs, ces deux
figures d’actrices ont fait l’objet de réceptions différentes. Judy Garland tient ainsi un rôle de
premier plan au sein d’une certaine subculture homosexuelle alors qu’Eleanor Powell ne
semble pas avoir été l’objet de telles lectures. Deux pistes d’explications peuvent être
évoquées, en convoquant les trois points relevés par Dyer dans son analyse du succès de
Garland auprès du public gay : l’androgynie, le
camp
et « l’ordinarité »
17
. Si la dimension
d’androgynie peut facilement s’appliquer aux deux interprètes, il apparaît que Powell ne
satisfait pas les autres critères. D’abord, elle ne semble pas réaliser en quoi son attitude sème
du trouble dans le genre, tandis que Garland joue constamment de son manque de glamour. La
mise à distance ironique des stéréotypes genrés étant essentielle au
camp
, c’est probablement
ce défaut de prise de conscience qui empêche de penser Powell comme
camp
. Ensuite, la
personnalité
off-screen
de Powell est extrêmement cohérente avec son personnage à l’écran.
17
Richard Dyer,
op. cit.
, p. 151.