Aurore Fossard : La blonde plantureuse sous l’objectif du paparazzi : évolution d’un sujet du grand et
du petit écran
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de Cannes, puis celle d’une séquence de l’épisode pilote de
Dirt
, série télévisée créée par
Matthew Carnahan en 2007. Grâce à une étude des spécificités visuelles de chaque séquence,
nous tenterons de voir ce que le public découvre de la femme blonde plantureuse sous les
modalités singulières du regard « paparazzien ». Dans un second temps, nous questionnerons
les changements révélés par nos analyses à la lumière d’une approche genrée et tenterons de
voir ce que révèle ce traitement du regard du paparazzi dans la fiction. Que dire de ce regard
explicitement et invariablement masculin ? À qui s’adresse-t-il ? De quoi est-il
symptomatique ?
Découverte et déshabillage
Le tournant des années 1960 voit la naissance d’une nouvelle profession qui doit son nom à
Paparazzo, le personnage du photographe de
La Dolce Vita
. Comme un fil conducteur du
film, Paparazzo transforme les faits en événements en les mettant en vedette de l’acte
photographique. « Paparazzo n’est pas seulement photographe, il est l’auteur d’images que
Fellini voulait
5
», dit Italo Moscati dans son documentaire sur la Via Veneto. Par
l’intermédiaire du personnage, le film devient un enchaînement de sujets photographiques
6
.
Le premier est l’arrivée à Rome de Sylvia, jeune actrice suédoise interprétée par Anita
Ekberg.
Les « photographes d’assaut », selon la terminologie « pré-Paparazzi » de Francesca Taroni
7
,
envahissent le tarmac. L’avion n’est pas encore immobilisé qu’ils se saisissent de leurs
appareils photos, tandis que les cameramen installent leur trépied. L’effet est immédiat : le
spectateur ne sait pas qui va descendre de l’avion, mais l’envie de le découvrir est à son
comble. Cette séquence, qui advient à la 22
e
minute du film, est l’entrée en scène du
5
Via Veneto Set
, Italo Moscati, 2006.
6
En donnant tant d’importance au personnage de Paparazzo, Fellini rend justice aux photographes qui l’ont
entouré durant le tournage de
La Dolce Vita
et à leurs photographies qui ont largement nourri l’imaginaire du
cinéaste durant l’élaboration du scénario. Sur le sujet, voir l’ouvrage très complet de Diego Mormorio (trad.
Marguerite Pozzoli, titre original :
Tazio Secchiaroli, Dalla dolce vita ai miti del set
).
Tazio Secchiaroli, le
photographe de la Dolce Vita
, Paris, Actes Sud/Motta, 1998.
7
Francesca Taroni,
Paparazzi,
Paris, Assouline, 1998, p5.